Vaginectomie et urétroplastie sont deux interventions chirurgicales fréquemment évoquées dans la prise en charge chirurgicale des hommes transgenres souhaitant une reconstruction génitale complète.
Ces procédures visent à harmoniser l’apparence et la fonction génitale avec l’identité ressentie, en particulier la possibilité de miction debout et la création d’un périnée masculin.
La vaginectomie
Définition et objectifs
La vaginectomie consiste à exciser la muqueuse vaginale et à fermer le canal vaginal pour obtenir un périnée plat et compatible avec une anatomie masculine. L’opération s’inscrit souvent dans un projet plus large de phalloplastie ou de métaiodoplastie et facilite la formation d’un néoscrotum et, le cas échéant, l’allongement urétral. L’objectif principal est l’alignement anatomique et la préparation des tissus pour les gestes suivants.
Indications
Cette intervention est proposée aux personnes transgenres désirant une reconstruction génitale complète, incluant la suppression du vagin. Elle est fréquemment réalisée après une hystérectomie et une ovariectomie, mais peut aussi être adaptée selon le projet reconstructif. Le choix se fait après bilan médical, psychologique et consentement éclairé.
Techniques chirurgicales
La vaginectomie se réalise sous anesthésie générale et demande une dissection fine pour préserver les plans musculaires et conjonctifs. La muqueuse vaginale est retirée et le canal est fermé afin de recréer un plan périnéal plat et résistant. Parfois, la muqueuse excisée est réservée comme greffon pour l’allongement urétral lors de la phase suivante.
Avantages et inconvénients
- Avantages : alignement anatomique visible, possibilité de former un scrotum, et source de greffon pour l’urètre.
- Inconvénients : risques chirurgicaux habituels (infection, saignement), perte de sensibilité vaginale et période de récupération longue.
Considérations post-opératoires
Après l’intervention, des soins locaux rigoureux et des contrôles réguliers sont indispensables pour prévenir les complications. La prise en charge de la douleur et la surveillance des signes d’infection sont prioritaires dans les premières semaines. Une rééducation pelvienne peut améliorer le confort urinaire et la tonicité des tissus.

L’urétroplastie
Définition et objectifs
L’urétroplastie vise à reconstruire ou allonger l’urètre pour permettre l’évacuation de l’urine en position debout et pour améliorer l’esthétique finale du néophallus. Pour les hommes transgenres, cette intervention est souvent intégrée à une phalloplastie ou à une métaiodoplastie. Le résultat recherché est une continuité urétrale fonctionnelle et durable.
Indications
Elle est indiquée lorsqu’il existe un projet de phalloplastie ou de métaiodoplastie visant la miction debout, ou pour corriger des sténoses et fuites urinaires après chirurgie. Le choix technique dépend du besoin d’allongement et de la qualité des tissus disponibles. Une concertation multidisciplinaire (urologue, plasticien, infirmier) est essentielle.
Techniques chirurgicales
Les techniques varient selon la longueur et la localisation de la zone à traiter. Pour de courtes sténoses, une résection avec anastomose directe suffit parfois. Pour des reconstructions plus longues, on utilise souvent un greffon de muqueuse buccale ou des lambeaux locaux pour recréer un segment urétral solide.
Avantages et inconvénients
- Avantages : permet la miction debout, participe à une esthétique génitale masculine et améliore la confiance sociale.
- Inconvénients : risque de sténose, fuites, infections et nécessité possible de gestes de reprise dans 5–30 % des séries selon la complexité.
Considérations post-opératoires
La surveillance porte sur l’absence de sténose et la qualité de la cicatrisation du greffon. Des sondes temporaires peuvent être posées pour protéger la suture et sont retirées après vérification radiologique ou clinique. Une rééducation et des conseils urinaires sont souvent prescrits pour optimiser le résultat fonctionnel.
| Aspect | Vaginectomie | Urétroplastie |
|---|---|---|
| But principal | Supprimer le canal vaginal et préparer le périnée | Reconstruire/allonger l’urètre pour miction debout |
| Souvent associée à | Phalloplastie, métaiodoplastie | Phalloplastie, greffe buccale |
| Principaux risques | Infection, hémorragie, perte de sensibilité | Sténose, fuite, nécessité de reprises |
Fait clé : dans les séries cliniques publiées, les taux de complications varient selon les centres et la technique, souvent entre 5 % et 30 % pour les gestes complexes ; la prise en charge multidisciplinaire réduit ce risque.
| Phase | Durée | Objectifs |
|---|---|---|
| Phase aiguë | 0–2 semaines | Contrôle de la douleur, prévention infection |
| Cicatrisation | 2–12 semaines | Retrait progressif des sondes, suivi cicatriciel |
| Réhabilitation | 3–12 mois | Rééducation pelvienne et ajustements si nécessaires |
Le parcours chirurgical est rarement linéaire : il combine bilans, interventions séquentielles et réadaptation. La décision se construit sur des éléments médicaux, psychologiques et sociaux, et doit respecter le rythme de la personne concernée. Le consentement éclairé implique d’avoir compris les bénéfices attendus et les risques possibles.
Quelques éléments pratiques à évoquer avant l’opération : arrêt tabac, optimisation du statut nutritionnel, stabilisation des traitements hormonaux si demandé par l’équipe, et coordination avec le service d’anesthésie. Ces mesures diminuent le risque infectieux et améliorent la cicatrisation. La discussion préalable porte aussi sur les attentes esthétiques et fonctionnelles.
Bilan et recommandations pratiques
Avant de consentir, il est essentiel d’avoir une information précise, des consultations successives avec l’équipe chirurgicale et, si besoin, un second avis. Prévoyez un accompagnement psychosocial et des solutions pratiques pour la convalescence (aide à domicile, arrêt de travail). Enfin, considérez que la réussite ne se résume pas à un geste unique mais à un parcours pluridisciplinaire où préparation, technique et suivi s’associent pour optimiser le résultat.
FAQ
La vaginectomie consiste à exciser la muqueuse vaginale et fermer le canal pour obtenir un périnée plat. Elle est souvent associée à l’urétroplastie lors d’un projet de phalloplastie ou métaiodoplastie pour permettre la miction debout et préparer les tissus pour la reconstruction urétrale.
Ces gestes sont indiqués pour les personnes transgenres souhaitant une reconstruction génitale complète, notamment la suppression du vagin et la possibilité de miction debout. Ils servent aussi à corriger sténoses ou fuites urinaires après des interventions antérieures.
Comme toute chirurgie, il existe risques d’infection, saignement et mauvaise cicatrisation. Pour l’urétroplastie les complications incluent sténose et fuites. Dans les séries publiées, les taux de reprises varient souvent entre 5 % et 30 % selon la complexité et l’expérience du centre.
La phase aiguë dure 0–2 semaines avec contrôle de la douleur et prévention des infections. La cicatrisation se poursuit 2–12 semaines avec retrait progressif des sondes si présente. La réhabilitation peut durer 3–12 mois, incluant rééducation pelvienne et suivis réguliers.
La miction debout dépend d’une urétroplastie réussie et de la qualité des tissus disponibles. Beaucoup de patients y parviennent, mais des gestes de reprise peuvent être nécessaires. Le besoin de procédures complémentaires varie selon technique et cas, avec des reprises possibles dans 5–30 % des séries.






