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Témoignage de Edgar Version imprimable Suggérer par mail
 
Je vais éviter de raconter les choses du style «je n'ai jamais aimé porter de jupe» «jamais joué à des jeux de fille» car j'ai l'impression qu'en lisant cela les gens perçoivent ces mots plus comme une justification de ma transidentité que comme des faits établis.

Un des souvenirs qui me marque date de quand j'avais dans les 7 ans. J'ai regardé une émission avec ma mère (l'émission reportages) sur les trans, notamment les FTM. Je me rappelle que ce reportage m'a marqué et que depuis ce jour, dans mon enfance je n'arrêtais pas de demander à ma mère de m'expliquer les différentes opérations, etc...

Depuis très jeune je me suis renseigné sur comment devenir moi même aux yeux de tous. Je n'ai jamais eu de révélation sur ce que je suis, juste la découverte que le changement était possible.

Cependant, poids de la famille, peur de ne pas être intégré en société, etc... je ne voulais pas accepter ce que je suis. Aujourd'hui pour moi je revois cela comme de fausses raisons, mais je ne peux pas revenir en arrière.

J'ai donc vécu tant bien que mal en tant que fille, seule possibilité pour moi à l'époque de vivre une vie normale. Mais bien évidemment vivre comme ça n'était absolument pas la solution.

J'ai donc prit la décision de transitionner peu de temps avant mes 23 ans. J'étais en couple (je le suis toujours) avec quelqu'un. Et j'avais vraiment peur qu'elle parte...
Mais ne pouvant plus vivre comme cela, je lui ai parlé de ma transidentité, au risque de la perdre.

Au final elle est toujours là et ma transition vient tout juste de commencer.
Je n'ai qu'un seul regret.... Ne l'avoir pas commencée plus tôt

 
La seule contrainte que je vois, n'étant pas en équipe officielle et pas encore rendu au changement d'état civil, c'est les rendez-vous chez le psychiatre 1 fois tous les 2 mois, qui durent 10 minutes et que j'estime inutiles Laughing.

 
En ce qui me concerne je ne suis pas encore opéré, j'ai juste commencé mes hormones, depuis maintenant 6 mois.

Ce que j'en attendais c'était des changements physiques tels qu'on me considère en société en tant qu'homme : mue, pousse de poils, prise de muscle, changement de la silhouette, etc...
Le plus important pour moi avant de commencer était la mue. Je voyais cela comme une vraie libération. Pouvoir parler en société, dans les magasins, au téléphone, etc...

Maintenant que j'ai effectivement commencé les hormones, je me rends compte effectivement la mue est une véritable libération. Mais aussi que malgré le peu de poils qui ont poussé, la masculinisation de mon visage est réelle car mes trait  ont changés.

Je voyais la prise d'hormone comme un vrai bouleversement (dans le sens positif du terme) de ma vie, dans le sens où je suis reconnu en tant qu'homme partout où je passe.

Je ne me rendais pas compte par contre que cela se ferait aussi vite, c'est la bonne surprise de la chose.



J'ai commencé par le plus simple, mon frère, à l'occasion d'un de ses passage en France. En ce qui le concerne pas grand chose à dire, c'est pas du genre à ce prendre la tête, tant que je suis heureux tout lui va lol
Mais j'ai commencé par lui car depuis toujours on sert plus ou moins de tampon l'un pour l'autre en ce qui concerne mes parents.
Pour mes parents j'ai opté pour la lettre. Je me suis un peu cassé la tête pour l'écrire, en tentant de les déculpabiliser (je connais bien ma maman XD).
Le début de nos relations post coming out ont été très houleuses. Ma mère faisait dans la crise de larme à laquelle je répondais par un énervement à la limite de l'agressivité verbales, tentative de culpabilisation de sa part («tu fais ça pour me faire souffrir»), refus de me considérer autrement que comme sa fille, etc...
On est passé par une période ou nos relations sont restées limites froides, peut -être parce que j'avais laissé tomber toute idée de dialogue. Je n'aurais pas hésité à couper les ponts si ça avait été la seule solution pour qu'on me laisse vivre ma vie.

Bizarrement l'aide la plus précieuse qui est intervenue dans les relations avec ma mère a été ma tante. Elle me rejette totalement, me pense complètement givré, et voudrait même que ma mère me mette sous tutelle pour que j'arrête mes hormones et ne me fasse jamais opéré. Sans sans rendre compte elle m'a rapproché de ma mère qui face à de telles réactions n'a pu que se ranger de mon coté et tenter de comprendre, et d'accepter. Elle a enfin pu me parler des raisons de son mal-être par rapport à ma transidentité, ainsi que de celles de mon père.

Maintenant on est sur la bonne voie, je ne suis plus leur «enfant» mais je suis réellement en train de devenir leur «fils».

Je pense avoir de la chance niveau parental, même si bien sur le temps y est pour beaucoup.
 
 

En ce qui concerne ma relation amoureuse, j'ai une histoire un peu particulière.
Ayant tenté de vivre en tant que fille j'ai entamé ,avant d'accepter ma transidentité, une relation en tant que lesbienne. Une relation basée sur beaucoup d'interdictions.

Comme je l'ai dit plus haut j'avais peur qu'elle parte étant donné qu'à la base elle est lesbienne.
Mais elle a très bien compris que je resterai toujours la même personne, juste en mode heureux.

Nous formons maintenant un couple hétéro, nous ne prenons pas en considérons nos orientations sexuelles, on s'aime et on ne se pose pas de questions.


Pour les amis c'est différent. Sans implications amoureuses beaucoup d'entre eux m'ont tourné le dos. Pour les nouveaux, maintenant que mon physique me pose moins de problème quand je me présente en tant que mec, je ne leur dit pas mon passé. Je ne veux pas qu'on me voit ad vitam eternam comme un trans.

Je veux juste être un mec quelconque.

 
 
Niveau professionnel ma situation est un peu compliquée lol Pour situer je travaille dans un hôpital.
Je travaillais dans une entreprise avant mon acceptation et je travaillais notamment en relation avec mon boulot actuel. J'y étais donc connu, même avant de postuler, en tant que mademoiselle.
J'ai changé de travail avant de commencer mon traitement hormonal et honnêtement même si ils ne me connaissaient pas avant en tant que mademoiselle, je n'aurais pas pu me présenter directement en tant que monsieur. Mon physique, ma voix, etc... ne me le permettaient pas.
De plus avant d'accéder à un CDI, je suis soumis à une série de CDD qui au total constitue une période d'un an... je suis donc plus ou moins sur la sellette.

j'ai donc décidé de prendre sur moi et d'être considéré en tant que femme au boulot. Ça peut paraitre contraignant mais mis à part ma chef et ses 4 collègues, pour tout le reste je suis monsieur et les gens ne se posent pas de questions.

Pour l'instant je vais tenter de profiter au maximum de la situation avant de passer en CDI, où là je ferai mon coming out.
Pour l'instant je prévois de me faire opérer sans rien leur dire, aller le plus loin possible dans ma transition en fonctionnant comme ça.
Histoire que si ils décident de me virer à cause de ma transidentité, d'avoir plus de facilité de trouver un travail directement en tant que monsieur.

Je sais que cette solution peut paraitre étonnante pour certains, mais je m'y fais...
Mon collègue étant au courant et ma chef peu présente, je peux être moi même en permanence Smile.
 
Et surtout je me dis que cette situation n'est que temporaire.
 

Mes peurs ont évoluées en même temps que ma transition.

Avant de commencer mon traitement hormonal, j'avais peur de perdre ma copine, de me retrouver sans famille, de ne jamais pouvoir commencer réellement ma transition, de ne jamais être accepté dans la société.

Maintenant mes peurs sont différentes. J'ai peur de me faire virer de mon boulot quand j'aurais fait mon coming out et je ne veux pas d'un autre boulot, j'ai peur de ne pas pouvoir me faire opérer du torse comme prévu, et peur de galérer pour les autres opérations et démarches qui vont suivre. Je sais que je vais y arriver, j'ai juste peur que ça traine lol.
 
Témoignage* de Edgar (2007).
 
* Ce témoignage est la propriété exclusive de son auteur. Toute reproduction, modification, publication même partielle est strictement interdite sans l’autorisation directe de son auteur. Tout contrevenant s’expose à des sanctions.
 
Dernière mise à jour : ( 16-01-2008 )
 
Témoignage de Mickael Version imprimable Suggérer par mail
 
J'ai toujours su que j'étais transsexuel, ou du moins je l'ai toujours été. J'ai commencé à prendre  conscience de ce décalage entre mon corps et mon esprit quand j'avais à peine 5 ans. Bien sûr à cette époque je ne connaissais pas ce mot : transsexuel. Et surtout, je croyais être le seul, je croyais être fou. Au départ, c'était pas si dur que ça ; mais bon, à cet âge-là la vie n'est pas vraiment compliquée. Ca se limitait à vouloir que ma grand-mère m'offre un pistolet et une étoile de shérif au lieu d'une barbie, ou à me battre avec ma mère pour couper mes cheveux courts et ne pas mettre de jupe. Mais le reste du temps, la différence entre un petit garçon et une petite fille n'est pas si énorme. Après c'est l'adolescence et là ça se complique. Le corps change et les regards aussi. Et autant on m'a laissé être un garcon manqué durant mon enfance, autant ma famille a essayé, de gré ou de force, de me faire rentrer dans la case fille. C'est à ce moment là que j'ai vraiment réalisé les choses, je savais depuis longtemps que j'étais un garcon coincé dans un corps de fille, mais avant, je n'avais pas compris quelle galère allait être mon avenir ; à vrai dire, à partir de là je ne me voyais plus d'avenir. Les gens attendaient que je devienne une femme, mais c'était impossible : c'était pas moi. S'en est suivi une grande période à vide ou tout mon quotidien devenait un enfer. Le collège, les regards, les réflexions. Avec mon look de garcon manqué coincé, je passais pour le raté de service. Avec le temps, j'ai appris à me blinder et à enterrer tout ça au fond de moi. Je suis devenu « Blat » pour effacer un prénom qui me faisait horreur, j'étais pas un garçon, mais une fille ultra-masculine, et j'essayais de me convaincre que ca me convenait, que j'avais trouvé mon équilibre comme ça. Finalement à faire comme si les choses n'existaient pas, j'ai fini par tout envoyer en l'air. A 18 ans j'ai tout quitté, famille, amis, études... Pour quoi ? Juste pour avoir l'impression d'exister. Je suis devenu « lesbienne et fière de l'être », toujours dans cette ambigüité physique de fille masculine, mais fille. Je me suis inventé une vie, et j'essayais d'y croire. Au final, je n'ai fait que m'enterrer encore plus. Pendant trois ans j'ai fait tout ce que j'ai pu pour chasser toute idée apparentée au fait que je me sentais garçon, jusqu'à reprendre tout ça en pleine tête comme un boomerang et réaliser que j'avais déjà perdu ces années à me mentir, et que si je n'essayais pas d'être moi rapidement, j'allais finir par me flinguer un jour ou l'autre. Partant de là, j'ai trouvé ça con de ne rien tenter pour être heureux...
 
Il a après fallu pas mal de temps, et surtout de dialogue avec d'autres transsexuels pour accepter ma trans-identité dans le sens de la vivre sereinement, et plus comme un fardeau ou une honte. L'accepter comme une des nombreuses facettes de mon identité en raison du vécu différent qu'elle m'a donné.

 
La principale contrainte face à ce pseudo protocole de changement d'état civil reste le psy. Au départ, c'est faire de la lèche pour avoir sa testo, après c'est continuer de lui dire bonjour de temps en temps pour avoir des certificats pour les opérations ou le changement d'état civil. Heureusement pour moi, je suis en parcours privé, donc aucune règle arbitraire comme une obligation de suivi psy pendant deux ans avant de débuter quoi que se soit. Quoi qu'il en soit, ça reste quelque chose que j'aime pas, et surtout d'inutile. Déjà, j'avais envie de faire ça « par moi-même », sans psy pour me tenir la main. Puis de toute façon, c'est pas de raconter ma vie 20 minutes tous les deux mois à un psy qui oublie ce que j'ai dit la fois d'avant qui peut m'être d'une aide quelconque.

 
Au tout départ, les changements physiques n'étaient pas ce que j'attendais le plus. Pour moi, en dépit de quelques attributs purement féminin, l'ensemble me convenait. Je voulais avant tout qu'on me considère au masculin. Je ne dis pas que je ne voulais pas d'hormones ni de chirurgie, juste qu'attendre un peu ne me paraissait pas si horrible.
 
Avec le temps, chaque détail prend de son importance. A chaque « mademoiselle » dans la rue je cherchais ce qui en était la cause : la coupe de cheveux, le peu de poitrine qui dépasse, etc. Un par un, j'ai essayé de tout corriger jusqu'à me rendre compte que : je suis un gringalet d'1m64 qui a quand même des traits féminins. A partir de là, l'attente pour les hormones est devenue un enfer. C'était devenu le seul espoir de mieux « passer ». Pourtant au fond, je n'arrivais pas à imaginer de miracle. Ok j'aurais une voix bien masculine, mais ma tête resterait la même. Finalement, les hormones sont arrivées bien plus vite que je ne l'avais espéré, et avec elles une libération que je n'envisageais même pas. D'un point de vue personnel j'étais plus qu'enchanté de voir mes cuisses et mon ventre se faire envahir de poil, ou de découvrir enfin quelques traces de muscles dans les formes de mes bras ; mais du côté relationnel, les « mademoiselle » se sont de plus en plus raréfiés jusqu'à totalement disparaitre. Mon visage a bien changé, et si au pire il reste un maigre doute, ma voix est là pour le dissiper.
 
Une fois cette première étape franchie, c'est petit à petit les bandages qui sont devenus insupportables. Je n'avais que peu de poitrine, mais c'était quand même trop pour pouvoir faire comme si elle n'existait pas. L'été, la plage, la chaleur, l'envie de se mettre torse nu qui me ronge, et surtout la sensation d'être coincé dans ce truc compresseur qui m'étouffe. Le soucis c'est que ma mammectomie était liée à mes finances, et que celles-ci étaient loin de me permettre ce genre de folies. Mais trois anges qui veillaient sur moi sont passés, et m'ont permis d'en finir rapidement avec ce calvaire. Je n'ai été opéré que le mois dernier, je suis encore pas mal limité et je n'ai pas pu vraiment en profiter, mais quel bonheur de pouvoir renfiler un t-shirt à même la peau ou me mettre torse nu devant ma chérie autrement que dans le noir ou sur le dos.
 
Ces deux étapes ont vraiment marquées deux libérations pour moi : l'une sociale et l'autre « intime », qui étaient toutes deux mes « objectifs » en débutant ma transition.


Informer mes parents a été la première action de mon parcours. Ce n'est pas que j'attendais une autorisation de leur part, mais il était pour moi inenvisageable de commencer toute démarche officielle sans les en avoir informés, je n'imaginais pas ensuite les mettre devant un fait accompli.
 
En fait, l'annonce s'est faite en deux fois. La première fois, je n'avais pas encore vraiment décidé ce que j'allais faire. Je savais que c'était nécessaire, mais je ne m'en sentais pas prêt. Je leur ai donc expliqué que je n'avais jamais réussi à me sentir fille, que j'avais toujours pensé être un garçon. Ils ne l'ont pas si mal pris. Sans doute parce que à la question « Et tu vas te faire opérer ? » j'ai répondu « non » alors que ma tête hurlait un grand oui. Ils ont pensé que je devais aller voir un psy pour accepter ma féminité. Même si tout ceci était impensable pour moi car ça revenait à nier qui j'étais, je n'ai pas polémiqué. Je n'ai réattaqué ce sujet avec eux que six mois après, cette fois j'avais « décidé » d'entreprendre les démarches pour changer d'état civil. Leur réaction a été bien plus violente, ils sont restés sur leur idée « d'accepter la femme qui est en moi ».
 
Ca fait maintenant un an et demi, et on n'a pas vraiment avancer. Ils perdent chaque jour un peu plus l'espoir de sauver leur fille, mais ne sont toujours pas aptes à accepter un fils. Surtout mon père pour qui tout ça est de la folie pure et simple. Il ne comprend pas. Ma mère m'a avoué qu'elle s'en était toujours doutée, et qu'elle culpabilise de ne pas avoir voulu y croire avant. En fait, quand j'étais petit elle m'a plusieurs fois demandé si je n'étais pas trans (en expliquant bien sûr) et j'ai toujours répondu non. J'avais peur qu'elle me voit comme fou, qu'elle veuille justement me faire accepter ce qui était pour moi inacceptable au lieu de m'aider. Contrairement à mon père elle comprend, le seul soucis c'est qu'elle se refuse à lâcher l'image de sa fille. Mais même si elle ne s'en sent pas capable encore, je sais qu'un jour elle le fera et qu'elle pourra enfin m'accepter tel que je suis.
 
Le reste de ma famille est au courant. Dans l'ensemble ils le prennent très bien. A vrai dire, mon père est finalement le seul surpris.
 
 
Ma vie amoureuse a commencé par 18 années d'abstinence totale. Pas qu'aucune fille ne m'intéressait, au contraire, mais je savais que pour toutes j'étais moi aussi une fille, et il ne m'était pas concevable d'être perçu comme fille au sein d'un couple. J'ai assez mal vécu tout ça. Déjà parce que ce n'était pas choisi mais subi, mais aussi parce que venaient s'ajouter les remarques des gens, et parfois des amis qui ne comprenaient pas ce qui clochait chez moi. C'est un peu pour tout ça que j'ai fini par essayer de la jouer homo. En fait, il s'est trouvé qu'une fille a commencé à s'intéresser à moi, et même si moi je m'en fichais au départ, j'ai vu ça comme la seule possibilité d'être avec quelqu'un un jour. J'ai donc sauté sur l'occasion et je m'y suis accroché comme au seul espoir de ma vie. C'est d'ailleurs à cause de ça que je suis parti de chez moi à 18 ans. Finalement je me suis retrouvé dans ce que je refusais au départ : un couple dans lequel j'étais perçu comme fille et donc les choses ont fini par se dégrader. 

Un peu plus tard j'ai rencontré ma copine actuelle. Elle connaissait ma situation, c'était une des très rares personnes à qui j'en avais parlé. Et dès le moment où on a été ensemble c'est elle qui a lancé le sujet de savoir « qui je voulais être dans notre couple ». Et au moment où je réalisais qu'il m'était impossible de me réengager dans le même genre d'histoire, elle m'a confié qu'elle n'arrivait pas à me voir comme « sa copine ». Ca a été le début de tout. A nous, et à moi. Pour la première fois je me suis vu exister dans les yeux de quelqu'un, sans aucun jugement, sans être fou. C'est grâce à ce moment que j'ai trouvé la force de me lancer. Il a ensuite fallu beaucoup de discussions, elle avait très peur de faire quelque chose de travers. De mon coté j'avais aussi peur de me sentir mal à l'aise, mais avec le temps on a trouvé notre équilibre et franchi toutes les barrières, de la nudité à l'annonce à ses parents, main dans la main.


Mes relations amicales ont elles toujours été moins compliquées. Normal, il n'y a pas la même intimité. Et même si je suis quelqu'un de très timide qui va rarement vers les autres, j'ai quelques amis de longues dates qui m'acceptent tel que je suis : avant comme une fille pas bien dans sa peau qui joue au garçon, aujourd'hui comme garçon qui essaye de trouver sa place ; et qui essayent de m'aider.

 
 
Je suis étudiant, en école d'ingénieur, et quand j'ai débuté ma transition, j'étais déjà dans cette école depuis 6 mois, inscrit sous mon identité féminine bien sûr, et il me restait encore 2 ans et demi d'études (dans cette même école). Au départ, j'ai pensé que ces deux ans et demi seraient sans doute le temps qu'il me faudrait pour avoir des hormones, et que je ferais mieux de consacrer mon temps à autre chose qu'à gérer un coming-out au milieu de ma promo et mes profs. J'avais très peur de ce regard de gens qui ne me connaissent que peu, mais qui savent qui je suis et pour qui je deviendrais simplement le trans du bahut. J'ai donc décidé de laisser couler, mais rapidement c'est devenu insupportable. Etre une des rares filles dans une école d'informatique composée à 95% d'hommes donne une position un peu à part, position que je refusais catégoriquement. J'ai donc commencé à rater de plus en plus les cours, et à raser les couloirs quand j'y allais. Par chance, à peine 6 mois après les hormones sont arrivées, et j'avais donc une bonne raison de me jeter à l'eau : les changements seraient visibles. J'en ai donc parlé au responsable d'année qui a super bien réagi, et m'a directement proposé de changer toutes les listes d'appel et de faire disparaitre mon prénom féminin de la partie visible de l'école. Il s'est chargé d'informer tous mes profs du changement. De mon coté, je me suis limité à expliquer la situation aux deux personnes dont j'étais le plus proche là-bas. La transition s'est donc faite discrètement, simplement via un prénom dans une liste. Certaines personnes l'ont remarquées et donc des questions ont commencé à être posées. C'est assez rigolo, parce que personne n'est venu directement me voir. Ce sont les deux personnes à qui je m'étais confié qui ont été interrogées et qui ont donc fait tourner l'information. Au démarrage personne n'osait trop se lancer, être le premier à dire « Mickael il », devant moi ils essayaient, mais ils étaient gênés. Ca a d'ailleurs donné des situations très comiques entre des gens qui ne me connaissaient pas avant, et qui donc me croyaient simple garçon et d'autres qui parlaient de moi en se trompant dans les pronoms. Au final, je n'ai eu aucun commentaire, que ce soit négatif ou positif, mais tout le monde a fini par s'y mettre.


 

Comme je l'ai dit, je n'ai jamais réellement douté de mon identité. Il m'a fallu du temps pour y faire face, mais parce que j'avais honte, pas parce que je n'étais pas sûr. La seule vague période de doute que j'ai connu, c'est à 17 ans, quand je me suis retrouvé attiré par un mec. C'est très con mais avant ça je ne m'étais pas posé de questions sur ma sexualité : j'étais un garçon, donc j'aimais les filles. Et là d'un coup ça revenait à j'aime un garcon, donc je suis une fille. Il m'a fallu un peu de temps pour réaliser la connerie de mon raisonnement, et comprendre que même avec ce mec je me voyais en homme et donc comme homo. Cette anecdote stupide est finalement mon plus grand questionnement.

Du côté des peurs, la liste serait beaucoup plus grande. J'ai énormément flippé avant chaque annonce : à mes parents, ma famille, mes amis, mon école. J'avais peur d'être rejeté, jugé, vu comme fou. Finalement, tout s'est bien passé, et même si certaines personnes m'ont confié ne pas comprendre, je n'ai eu aucune réaction réellement négative.

J'ai eu de nombreuses craintes au moment de la prise de testo. Pas par rapport à moi, mais aux autres. J'ai commencé à penser qu'on allait m'attendre au tournant, juger mon comportement comme à la hauteur de celui d'un homme ou pas, etc. Heureusement j'ai fini par trouver un semblant d'équilibre dans cette identité toute neuve et ces craintes n'ont pas duré.
 
Témoignage* de Mickael (2007).

* Ce témoignage est la propriété exclusive de son auteur. Toute reproduction, modification, publication même partielle est strictement interdite sans l’autorisation directe de son auteur. Tout contrevenant s’expose à des sanctions.

 
Dernière mise à jour : ( 16-01-2008 )
 
JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!!! Version imprimable Suggérer par mail

 

 

 

 

JOYEUX ANNIVERSAIRE A FTM-TRANSSEXUEL.INFO !!!!!!!!!

Nous sommes heureux de fêter aujourd'hui les 1 ans de ce site avec vous Smile

 

Pour fêter cela, ftm-info se dote d'un tout nouveau forum. Ce forum se veut un lieux d'échange et de discution complémentaire au site.

Rejoignez le forum 

Nous tenons à remercier Lazz et son forum ftmvariation qui a été durant toute cette année en lien direct depuis notre site.  

 


Dernière mise à jour : ( 30-12-2007 )
 
Un début à tout Version imprimable Suggérer par mail
 Prendre conscience de sa transsexualité ammene toujours une foule d'interrogations dont une fondamentale : "Que faire maintenant ???"

Les démarches d'un parcours transsexuel sont nombreuses comme le prouve la diversité des articles présent sur ce site. Pour mettre le pied à l'étrier aux personnes en tout début de parcours, ftm-info vous propose un résumé des étapes du parcours d'un FTM afin que tout le monde puisse trouver un point de départ dans sa démarche personnelle : "Par où commencer ? " .

  La transition et le parcours ne doit faire oublier que la vie n'arrête jamais son cours que se soit, avant, pendant ou aprés la transition. Pour un transsexuel pas mal de choses simples de la vie prennent souvent des allures de parcours du combattant. Un exemple trés simple : pratiquer un sport. Nous avons décidez de consacré un article aux trans et au sport car c'est un bon exemple qui regroupe pas mal de situation que les trans rencontrent dans leur vie quotidienne. Il est important de parler de la vie courante tant pour les ftm, qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls à connaitre certaines situations et qu'il y a des solutions, que pour toutes les personnes confronté de prés ou de loin à la transsexualité puisse avoir également une vision de notre ressenti et de nos difficultés pour une meilleure comprehension reciproque. Lire l'article ici : "les trans et le sport " .

Pour clôturer cette nouvelle mise à jour, de nouveaux liens vers des blogs et d'autres sites sont disponible dans la section lien .

Bonne lecture à tous Wink.
Dernière mise à jour : ( 30-12-2007 )
 
Etre opéré à l'étranger, c'est possible ? OUI !!!!!!! Version imprimable Suggérer par mail

Etre transsexuel est, soyons honnête, synonyme d'opération. Une opération est elle-même synonyme de chirurgiens, de techniques, d'expériences et d'argent.

 La Sécurité Sociale française et la Communauté Européenne nous offre la possibilité de pouvoir choisir un chirurgien expérimenté et compétent dans les opérations spécifiques aux FTM tel que la phalloplastie (construction d'un néo-pénis à partir d'une auto-greffe de la peau de l'avant-bras ou de la cuisse) dans toute l'Union Européenne élargie. Les chirurgiens vraiment réputés pour leurs techniques et leurs maitrises de cette opération sont en Belgique et en Suisse. Je ne conseillerais jamais assez de bien prendre le temps de comparer les résultats (autant esthétiques que fonctionnels) et les statistiques de complications entre ces 2 pays et la France...

La phalloplastie est une opération lourde et technique, le choix du chirurgiens est vraiment primordial pour la suite de votre vie. Elle est aussi malheureusement très onéreuse. Nous avons la chance que notre Sécurité Sociale nous offre une possibilité de prendre en charges une très large partie de cette opération même à l'étranger, il faut donc la saisir. Cette possibilité s'appelle le formulaire E112 Cool.

Pour tout savoir sur ce fameux formulaire et la façon de le demander, suivez le guide c'est par là : Tout sur le E112 et le remboursement d'opération dans la CEE Cool.

Cet article n'est pas la seule nouveauté de ce moi d'Avril, un nouveau témoignage d'une compagne de FTM est en ligne et à lire de toute urgence dans " Nos Amours "  .

Pour finir, l'article sur l'état-civil a été mis à jour avec plus d'information sur la modification du livret de famille.

Bonne lecture à tous.

Dernière mise à jour : ( 30-12-2007 )
 
Risques et suivi Version imprimable Suggérer par mail
Un traitement de substitution hormonale ou THS n’est pas une chose à prendre à la légère. En plus des modifications visibles sur votre physique (cf. effets de la testo ), il s’agit d’un véritablement bouleversement de votre équilibre physiologique. Les hormones servent à la régulation du fonctionnement de beaucoup d’organes internes. On peut les assimiler à des « stimulateurs d’organes ». De ce fait, un traitement hormonal n’est pas sans conséquence et peut parfois provoquer certaines complications. C’est pourquoi, il est absolument nécessaire d’avoir un suivi régulier (en moyenne 2 fois par an) sous la forme d’un bilan sanguin et d’un entretient avec un endocrinologue.

Les feuilles de soins et de résultats d’analyses sont souvent obscures et remplies de divers hiéroglyphes. Je vais essayer ici de vous éclairer du mieux possible sur la signification des initiales des différents tests et, surtout sur la raison de leurs prescriptions dans le cadre  de prévention des risques liés à un traitement hormonal de substitution dans un cadre de transsexualité femme-vers-homme.

  1. Les contrôles pré-traitement hormonal
  2. Quels sont les risques possibles liés à la THS ?
  3. Les contrôles annexes
      • Electrocardiogramme, tension artérielle
      • Contrôle des risques diabétiques
  4. Comment surveiller sa santé et prévenir les risques au maximum ?
  5. Questions / réponses
  6. Conclusion

Dernière mise à jour : ( 27-06-2008 )
Lire la suite...
 
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