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Témoignage de Nathan Version imprimable Suggérer par mail

Je m'appelle Nathan et j'ai 38 ans. Cela fait 4 ans que j'ai entamé les démarches avec l'équipe de Marseille. L'acceptation de la trans-identité a été une évidence pour moi. Quand j'étais petit ma mère disait souvent, lorsque nous passions sous un arc-en-ciel, que nous allions changer de sexe et moi j'y croyais dur comme fer. J'étais profondément déçu quand je constatais que cela ne changeait rien. A mes 11 ans, avant l'entrée au collège, je me suis coupé les cheveux tout seul. Cela faisait plusieurs fois que je demandais à ma mère de me les couper mais mes parents y étaient opposés. J'ai toujours détesté porter des robes et tout autre vêtement féminin. Pour ma communion je me souviens qu'une amie de mes parents m'avait confectionné un ensemble chemise et short. Je les ai directement enfilés et dés que la première photo a été prise, j'ai retiré cette satanée robe. Je n'ai jamais aimé les poupées et je ne m'amusais jamais avec ma grande sœur. J'étais toujours en compagnie de mon grand frère. J'appréciais quand je rentrais dans les magasins en compagnie de ma mère et que les commerçants nous appelaient monsieur, madame.

Plus grand, j'étais attiré par les filles. Bien évidemment j'ai fait comme tout le monde, je suis sorti avec des garçons mais cela ne me paraissait pas normal. Vous allez me demander qu'est-ce que la normalité et vous aurez raison. Je ne porte aucun jugement, j'essaye juste d'expliquer au mieux mes ressentiments. Plus vieux, je me conduisais comme un vrai macho. Je ne faisais pas grand chose à la maison. A croire que j'étais scotché au canapé et que la zappette était collée à ma main. Je n'en n'avais pas conscience mais je rejetais tout ce qui avait attrait aux femmes et j'adorais tout ce qui pouvait m'identifier aux hommes.

Je ne me voyais pas vieillir en tant que femme. Je me disais toujours que je ne voulais pas vivre au delà de 35 ans. Je ne voyais pas l'utilité de prolonger ma vie. J'ai d'ailleurs fait plusieurs tentatives de suicide mais elles se sont toujours révélées infructueuses et aujourd'hui je remercie dieu de ne pas m'avoir pris à ses cotés. Je me vois enfin vivre vieux avec plein de projets et plein d'envies. Il faut dire que depuis 11 ans je partage la vie d'une femme extraordinaire, qui me comprend mieux que personne et qui me soutient en tout point. On a également une fille qui m'a toujours appelé papou, elle est âgée aujourd'hui de 21 ans et est elle-même maman. Cela fait de nous des grands-parents comblés. L'idée de me dire que cette petite fille m'appellera papé et qu'elle me connaîtra en tant qu'homme me satisfait pleinement. Je peux dire en toute bonne foi que c'est à elles que je dois mon salut. Sans elles à mes cotés je n'aurais jamais eu la force d'entamer ce grand changement.

En février 2007, j'ai pris contact avec l'équipe de Marseille. J'ai été suivi plus de 2 ans par la psychiatre et par la psychologue avant de prendre le traitement hormonal et presque 4 ans avant la mastectomie. Je reconnais que ça a été très long mais il est nécessaire d'en passé par là et que ça prenne autant de temps surtout dans mon cas. En revanche cela peut aller plus vite pour certains. J'ai un vécu particulier qui m'a beaucoup marqué et cela se ressentait lors des entretiens avec la psychiatre.  

Ceci expliquant cela. Comme quoi, il est très important de ne surtout jamais se décourager.
La première étape consiste à répondre à des tests "psychologique", du style: que vous évoque telle et telle image? ou encore: à quoi vous fait penser telle ou telle tache? et bien encore d'autre choses dont je ne me souviens plus. Je n'ai pas toujours très bien compris pourquoi elles me demandaient ce genre de choses et à quoi cela pouvait leur servir. Mais ne vous faites pas trop de soucis car cela n'est ni compliqué ni la mer à boire (1). Les visites sont au rythme d'une fois par mois les premiers temps. Par la suite elles sont plus espacées. Compte tenu de mon histoire la psychiatre m'a suggéré d'être suivi par un psy à l'extérieur. Cela n'était pas obligatoire mais j'ai bien compris que c'était fortement recommandé et je me félicite de l'avoir fait car dans le cas contraire la procédure aurait pu prendre encore plus de temps.

(1) ftm-info : cf. http://ftm-transsexuel.info/transworld/parcours/les-tests-psy.html

Une fois que la psychiatre donne sont accord pour l'injection des hormones, un rendez-vous avec l'endocrinologue vous est donné. Des prises de sang vous seront prescrites tout comme des échographies pelviennes. Attention: si lors des échographies pelviennes il s'avère que vous ayez des myomes (fibromes) demandez à voir le chirurgien qui fait l'hystérectomie. Rassurez vous cela doit être rare car j'ai l'impression qu'ils n'ont jamais été confronté à cela. Ne le sachant pas à l'époque je ne l'ai pas fait ce qui a retardé la prescription de l'androtardyl. L'endocrinologue ne voulait visiblement pas prendre la responsabilité ou alors elle ne savait pas si dans mon cas il était possible de me les prescrire ou pas. Après le premier rendez-vous avec le chirurgien la situation s'est vite décantée. Je lui dois beaucoup et je lui suis très reconnaissant.

Après il faut attendre l'accord du psychiatre et de la sécurité sociale pour la mastectomie(2). Ce jour là, ça a été pour moi, ainsi que pour ma compagne qui était présente, un grand soulagement. Je me disais qu'enfin ma nouvelle vie  que j'avais tant et tant espérée et attendue, allait démarrer. Vous allez sourire, mais j'étais tellement fou de joie que j'ai même embrassé la psychiatre, avec son accord bien évidemment.  

Dans mon cas, entre la prise d'hormone et la première opération il s'est écoulé environ un an et demi ce qui nous amène en janvier 2011, jour de mon hospitalisation. Un mélange de joie immense et d'appréhension m'envahissait. D'une part j'étais ravi de ce qui s'annonçait et d'autre part j'avais peur des douleurs. Peur largement injustifiée car pour ma part elles ont été très supportables. Le premier soir ils m'ont fait me doucher à la bétadine et le lendemain matin également. Ils demandent aussi de nous raser la poitrine, oh! excusez moi, le torse!!!  A partir de minuit, la veille, ils demandent à ce que nous soyons totalement à jeun. Pas de cigarette, pas d'eau et pas de produit alimentaire. J'ai appris qu'il y avait un risque d'étouffement durant l'anesthésie à cause des vomissements si cette règle n'est pas respectée. Autant vous dire que je l'ai suivi au doigt et à l'œil. Ah oui, la veille et le lendemain matin ils m'ont donné la pilule du bonheur pour que je sois apaisé. Je peux dire que j'ai passé une bonne nuit.

Le lendemain matin l'anesthésiste est passée me poser quelques questions et le docteur P,  le chirurgien est venue faire des petits dessins sur mon torse. L'opération était prévue à midi mais elle a eu lieu vers seize heures. Que voulez-vous c'est les aléas de la vie, ils ne peuvent pas toujours faire comme ils veulent et je l'ai fort bien compris. L'opération a durée environ deux heures et demi. Avant l'intervention, au bloc, j'ai bien rigolé. Les infirmières n'arrêtaient pas de raconter des conneries, ça a permis de bien détendre l'atmosphère. Par la suite j'ai passé deux heures et demi dans la salle de réveil. A mon réveil, enfin le vrai, youpi tralala, ce que j'ai eu tant de mal à cacher pendant toutes ces années s'est envolé. Si j'avais pu, j'aurais sauté de joie mais bon il faut pas trop en demander au début. Les soins qui suivent ne sont pas douloureux. Les infirmières ont des doigts de fée. Quatre jours après la grande libération, elles sont venues m'enlever les drains. J'allais enfin être débarrassé de mes maracas. Prévoyez deux poches si vous voulez vous déplacer sans être embarrassé.

 Une semaine après ma sortie, je suis allé faire ma visite de contrôle. Le docteur P m'a dit que tout allait bien et je dois dire que j'étais sacrément soulagé car l'infirmière qui vient me faire les pansements avait émis un doute sur l'une de mes aréoles (téton). Celle de gauche présentait une grosse croûte et l'autre était un peu décolorée ce qui est tout à fait normal. Si lors des changements de pansement cela ne sent pas fort et qu'il n'y a pas d'écoulement c'est que tout va pour le mieux. Dans le cas contraire ne surtout pas hésiter de reprendre contact avec le chirurgien.
Pour la suite des interventions je reviendrai vers vous pour vous donner des nouvelles.
PS: Tous les différents intervenants, que se soit la secrétaire,les aides soignantes,les dames de service, les infirmières, la psychologue, la psychiatre, l'endocrinologue et les chirurgiens sont des personnes très consciencieuses, professionnelles et humaines. A tous et à toutes je leur dis un immense merci et je leur tire mon chapeau. Je leur suis extrêmement reconnaissant.

Mes changements physiques se traduisent surtout par la modification de la voix, une forte pilosité et par mes pectoraux apparents. Il y a également un changement morphologique mais qui reste, somme toute, discret.


(2)  ftm-info :  Il n'y a, légalement, aucun accord préalable à demander à la sécurité sociale pour une mammectomie. Ceci est une habitude de l'équipe de Marseille que l'on soupçonne, par ce biais, d'allonger le temps d'attente pour l'opération de manière artificielle.


Par rapport à l'annonce de ce grand changement auprès des miens cela a été délicat. Pour certain ça s'est fait naturellement. Je pense notamment à ma sœur et à ses gamins. Elle m'a même surpris quand elle m'a demandé pourquoi je ne l'avais pas fait plus tôt. Et sa deuxième question a été de me demander comment j'allais m'appeler. Mon deuxième filleul, le plus jeune (13 ans) la seule chose qui le tracassait c'était de savoir comment il allait m'appeler. Quand sa mère lui a dit qu'il pouvait m'appeler par mon nouveau prénom il avait l'air satisfait et il est reparti à ses occupations. Mon premier filleul (17 ans) n'a pas été plus choqué que cela. La seule chose qui le préoccupe s'est que les opérations se passent bien. Mon autre neveu (15 ans) ne se pose pas plus de questions. Cette année à Noël, il n'arrêtait pas de m'interpeller en m'appelant tonton; ce qui m'a bien fait plaisir.

Mes parents n'adoptent pas la même réaction. Ma mère m'appelle Nathan, mon père lui, m'appelle toujours Nathalie mais j'ai bon espoir qu'avec le temps cela s'arrangera. Mon frère, lui, est complètement hermétique à tout ça. Il ne comprend pas et ne veux surtout pas comprendre. Même pour les attestations, que l'on doit fournir à l'avocat, il a refusé de les faire. Bien évidemment je trouve cela dommage mais le contraire m'aurait étonné. Même quand je lui ai annoncé mon "homosexualité" il était contre. Que voulez-vous, on ne peut pas demander à un âne de devenir un cheval de course.

Quand à mon beau-frère, il n'arrête pas de me chambrer. Ce qu'il en est de ma belle sœur et de mes autres neveux, ils ne disent rien. Pour ma belle famille ils ne comprennent pas tout mais ils font l'effort pour Nat et pour moi. Je trouve que c'est déjà bien. Pour ma petite femme, ma fille et mon gendre ça passe comme une lettre à la poste, que dis-je mieux qu'une lettre à la poste. Ils m'ont toujours connu très masculine alors cela ne les étonne pas du tout, cela leur semble même on ne peut plus naturel.

Pour ma part je ne me suis pas trop posé de questions. Ceux qui l'acceptent tant mieux, ceux qui le refusent et bien tant pis. J'estime qu'a partir du moment où je ne souhaite de mal à personne et que je ne cause de préjudice à personne, je n'ai pas à avoir honte de ce que je suis et de qui je suis.


 Avec ma concubine tout va pour le mieux. Je peux dire que ça va même beaucoup mieux. Je ne suis plus du tout macho, je participe beaucoup plus à la maison. Pour elle cela lui a semblé tout à fait naturel. Comme elle dit toujours, elle ne m'a pas aimé pour ce que j'étais mais pour qui je suis. J'ai toujours eu son soutien.

Avec mes amies, cela n'a rien changé hormis le fait qu'elles doivent faire attention de m'appeler par le bon prénom.

Au boulot c'est pareil, tout va bien. Personne ne m'a rejeté. Elles disent même que j'ai du courage. Même les dames chez qui j'interviens se font doucement à l'idée pourtant ce sont toutes des personnes âgées. Je suis assistant de vie. Il faut préciser néanmoins que je n'ai jamais utilisé le mot transsexuel. Non pas que j'en ai honte mais je ne voulais surtout pas choquer les gens. Je leur ai dit que je souffrais du syndrome de benjamin et comme la plupart des personnes ne savent pas de quoi il s'agit, ils m'ont posé des questions. Je me suis évertué à répondre au mieux en faisant attention aux mots que j'employais.


 La seule peur que j'ai actuellement c'est de savoir comment vont se passer les deux prochaines opérations. J'espère simplement que je n'aurais pas trop mal et que je n'aurais pas de complication. J'ai également quelques craintes par rapport aux démarches juridiques. J'ai lu quelques trucs qui ne me plaisent pas trop de prime à bord.

Bon à savoir: frais d'avocat 2400 euros(3). Frais d'expert 1000 euros, en sachant qu'il peut y avoir deux expertises et 900 euros pour je ne sais plus qui au tribunal.

(3) ftm-info : Cette estimation des frais d'avocat est dans la fourchette haute, beaucoup d'avocat demande bien moins cher. cf http://ftm-transsexuel.info/transworld/administratif/etat-civil.html

 

Témoignage* de Nathan (2011). 
* Ce témoignage est la propriété exclusive de son auteur. Toute reproduction, modification, publication même partielle est strictement interdite sans l’autorisation directe de son auteur. Tout contrevenant s’expose à des sanctions.

 

Dernière mise à jour : ( 07-05-2011 )
 
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Dernière mise à jour : ( 13-03-2011 )
 
Nouveau témoignage Version imprimable Suggérer par mail

Bonjour à tous et à toutes,

 

Nous sommes heureux de vous proposer un nouveau témoignage, le témoignage de Léo.

 Lire le témoignage de Léo ici.

 

Nous en profitons pour remercier chaleureusement toutes les personnes qui nous contactes pour nous encourager.

Dernière mise à jour : ( 13-11-2010 )
 
Témoignage de Léo Version imprimable Suggérer par mail


 

Je n’ai pas eu à accepter ou en tout cas à faire un choix. La chose s’est imposée à moi, même si à certains moments de ma vie j’ai essayé de la repousser. C’est une évidence, une continuité; je ne peux pas grandir sans passer par là.

Du plus loin qui je puisse remonter dans mes souvenir, j’ai toujours voulu être un garçon, plus précisément j’ai toujours été un garçon, même physiquement. A l’école maternelle je m’identifiais à mes camarades du sexe « opposé » en dépit de ma coupe au carré que ma mère m’imposait. A huit ans je jubilais quand le boucher m’appelait jeune homme en me rendant la monnaie. Au collège, les autres me demandaient sans cesse si j’étais une fille ou un garçon, malgré mes cheveux mi-long. Au lycée j’ai quelque peu essayé la féminité mais j’attirais les mecs gays… Les autres aussi me renvoyaient à cette « identité paradoxale ».

J'ai décidé de vivre entre deux pour ne pas avoir à faire un choix, parce pue je me croyais plus malin que les autres de pouvoir être ni l'un ni l'autre, ou d'être les deux à la fois. Que je pensais que je réussirai à trouver un équilibre entre ce que j'étais physiquement et intérieurement comme ça. Et surtout parce que c'est plus simple que de se remettre en question.

Mais plus j’avançais dans le temps et moins je supportais qu’on me renvoi à mon identité féminine, plus je me fermais lorsque les autres ne me reconnaissaient pas en tant que mec. Je crois que le plus dur c’était de faire la bise à tous les gars de ma boite, d’y être obligé parce que connu là bas en tant que possesseur de chromosomes XX. Je n’ai jamais aimé dire bonjour, parce que c’est toujours à ce moment que tout se joue, si on te tend la joue t’as perdu.

  J’ai donc pas eu à accepter à proprement dit, commencer les démarches c’est juste devenir moi. La porte que j’avais pas vue mais qui est bien là, juste à ouvrir.

 

La société n'est pas très évoluée, ni très ouverte sur le sujet. Les médecins oublient rapidement leurs connaissances face au transsexualisme, et même pour certains leur serment d'Hippocrate. je suis en province et je peux dire que beaucoup de portes se sont fermées, aucun psychiatre n'a voulu me recevoir, tous m'ont répondu ne pas être spécialisés en la matière, et se sont renvoyés la balle. j'ai du faire mon suivi psy sur paris avec les frais et les contraintes qui vont avec. 

Concernant l’aspect administratif, j’ai opté pour l’acte de notoriété, actuellement en cours de rédaction. Parce qu’il faut bien dire que rien n’est fait pour nous, tout est au bien vouloir de l’interlocuteur que nous avons en face, et tant pis si l’interlocuteur a décidé de ne pas comprendre. Avec ce document je compte bien faire apparaitre mon prénom d’usage et donc masculin sur un certain nombre de document. Par contre aucun problème pour les ouvertures de contrats EDF, GDF, et eau, tout est au nom de Léo.

 
Je passe déjà très bien, disons qu’actuellement non hormoné je suis reconnu à 65% comme un mec au premier contact par les inconnus. J’attends tout de même beaucoup du traitement hormonal, la mue, et la pilosité par exemple. Parce que ça représente la puberté finalement, et que sans poils et sans voix d’homme, pour l’instant je me sens plus bloqué dans un corps de petit garçon que dans un corps de femme. Même si bien sûr je ne compte pas me limiter à une prise d’hormone! Qui cela dit est très proche, puisque quelques jours me séparent de mon RDV.

Ca fait déjà quelque année que je suis super frustré de ne pas pouvoir être torse nu sur la plage, d’avoir ces trucs qui me servent à rien alors que je serai bien plus beau sans. J’ai découvert qu’on pouvait se bander les seins tout seul dans ma salle de bain, je ne fréquentais pas les forums et ne connaissais donc pas les manières « safe » de placer la poitrine pour pas se faire mal, je ne savais pas qu’il existait ces magnifiques choses qu’on appelle Binder ! J’ai fait ca quelques mois, a presque m’étouffer et souffrir pour ne plus rien laisser paraitre, et puis j’ai découvert les tee-shirts compressifs, ca me permet d’attendre la mastectomie.

Je suis conscient que les changements et transformations physiques ne feront jamais de moi un homme bio, mais je sais qu’ils m’aideront à m’épanouir dans ma vie et dans mes relations.

 
Mon beau père très homophobe a grandement retardé mon coming out. Depuis je n’ai plus de contact avec ma mère. J’ai une famille assez spéciale, je ne suis pas vraiment pris au sérieux je pense. Mais je suis grand et je peux heureusement vivre sans eux.
 
 

J’ai toujours parlé de mes « problèmes » identitaires dès le début de mes relations. Je ne voulais pas mentir, et finalement tout ce que j’attendais c’était qu’on me parle au masculin, et qu’on soit très compréhensif avec moi. Sexuellement ça a toujours été très compliqué et plein d’interdits, certaines ont su faire avec et d’autres pas. Il y a eu de longues périodes d’abstinences tant en couple que célibataire, et aujourd’hui enfin je retrouve une confiance et un équilibre sur ce plan par le simple fait d’avancer dans la démarche, de voir que je ne suis pas seul dans ce cas et qu’on peut s’approprier son sexe autrement que visuellement.

  D’un point de vue amical, j’ai réalisé que de toutes manières le tri se faisait de lui même, ceux qui étaient gênés sont partis. J’ai coupé les ponts plus ou moins volontairement avec certains, de peur de devoir trop me justifier, chose assez difficile à faire lorsqu’il n’y a rien de plus à expliquer. Je suis maintenant un peu plus à l’aise dans la gestion de ces dites explications, même si je reste assez pudique sur le fond de mes motivations.

  J’ai croisé la route de quelqu’un qui m’a beaucoup aidé à trouver le courage d’avancer, de prendre le taureau par les cornes. Elle m’a, je crois, toujours considéré comme un mec, même si lorsque l’on s’est rencontré je n’étais pas assez sûr de moi pour faire un « choix ».

  Nous ne sommes plus ensemble, mais elle reste un soutien quotidien pour moi. Disons que c’est certainement elle qui a fait sauter les derniers verrous de ma prison.

 
J’ai tout à l’heure fait référence à ma scolarité, les autres élèves n’ont pas toujours su comment me considérer au premier abord, ce qui occasionnait une gêne, et c’est surtout pour cela que ça n’a pas toujours été simple. Pas évident en sixième de répondre a des troisièmes qui te demande si t’es une fille ou un mec, l’air moqueur… J’ai eu la chance de quitter ma campagne profonde pour aller au lycée à Amiens, ville plus ouverte, là où j’ai compris le sens des mots queer, transpédégouine, ce qui m’a facilité la vie un temps.

Le boulot… Avant d’être complètement outé, toute ma boite savait que je vivais sous une identité plus ou moins transgenre, je pensais que la partie allait être facile puisque personne ne m’avait jamais clairement fait de remarque. Depuis que les choses ne sont plus floues je vis un enfer, la direction m’interdit d’utiliser mon prénom masculin et interdit également a quiconque de m’appeler ainsi dans l’entreprise. Je ne suis pas seul : une MtF opérée et en fin de démarches est toujours contrainte d’utiliser son prénom masculin malgré une poitrine de 90B et sa féminité ! J’ai fait face à cela un temps et suite a une remarque discriminante de mon boss (qui me demandais quand est ce que mes seins allaient tomber en se marrant) je me suis mis en arrêt le temps de chercher une autre solution. Le reclassement professionnel pour inaptitude médicale me semble d’ailleurs en être une bonne !

 

Les peurs. Au début lorsque j’ai sauté le pas en m’outant il y a eu les angoisses. J’avais le cœur complètement serré et je ne savais pas quoi faire pour me sentir mieux. L’impression d’étouffement face au parcours qu’il y a devant pour pouvoir être enfin libre, de cette montagne qui me semblait insurmontable. Ca arrivait trois à quatre fois par jours, puis ca s’est espacé quand j’ai compris qu’au final c’était juste moi qui prenais contrôle de ma vie. Qu’après ça je serai plus fort, plus beau, plus solide, plus libre et surtout en adéquation avec moi-même.

A partir de là les doutes se sont également estompés, et depuis je suis plus serein. Je n’ai plus peur de mon chemin, je l’ai apprivoisé en me renseignant, en partageant mon histoire avec d’autres jusqu’à la relativiser. J’avance confiant, je réponds chaque jour à mes questions en me disant que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

 

Témoignage* de Léo (2010).
 
* Ce témoignage est la propriété exclusive de son auteur. Toute reproduction, modification, publication même partielle est strictement interdite sans l’autorisation directe de son auteur. Tout contrevenant s’expose à des sanctions.

 

 

Dernière mise à jour : ( 13-11-2010 )
 
Déjà la rentrée Version imprimable Suggérer par mail

une partie de l'été fut studieuse pour l'équipe de FTM-INFOS puisque nous revenons avec un article entièrement consacré aux tests psychologiques.
Cet articles va vous permettre de mieux comprendre ces tests et de savoir comment ils ont été conçus.

Au delà de ces aspects, le but est essentiellement de cerner pourquoi certains psychiatres vous demandent de vous y soumettre et, encore plus important, quelles sont les limites de ces tests ainsi que leur pertinence réelle.

L'article traite pour l'heure du test très fréquemment pratiqué dans le cadre du suivi psychologique pour une transition : le MMPI. D'autres études de test suivront prochainement avec, entre autre, le test de Rorschach.

LIRE L'ARTICLE : les tests psy

Nous vous souhaitons à tous une excellente rentrée ainsi qu'une très bonne et studieuse lecture Wink.

Dernière mise à jour : ( 08-09-2009 )
 
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